Blogueurs : qualité, fréquence et flemme
Pas plus tard que vendredi, je discutais avec Laurent de la nécessité d’apporter de la valeur ajoutée aux contenus que nous publions sur nos blogs : c’est mieux de faire des analyses, d’argumenter, de présenter des choses intelligentes et inédites, de faire un effort de structuration aussi… mais, et c’est là que le bât blesse, ça prend du temps. Faut-il privilégier la fréquence, quitte à être bateau de temps en temps, ou privilégier la qualité, quitte à abuser de la patience des lecteurs et risquer de les perdre ?
Je garde ça dans un coin de ma tête, en me disant que même si certains arrivent à allier la fréquence et la qualité, la question mérite d’être posée. Tranquillement, je rentre chez moi et mets Netvibes en route… ouverture de l’administration du blog… inspiration ! J’aperçois sur l’Usine Nouvelle une interview d’Alain Juillet dont certains propos méritent d’être mis en avant. Certes, je ne suis pas un quotidien national, mais pourquoi ne pas les relayer ? N’ayant pas grand chose à ajouter, je prépare le tout pour publication, avec un petit pincement tout de même et ma conscience qui me rappelle les belles paroles déroulées quelques heures plus tôt.
Finalement, entre le vendredi et le lundi, pas moins de 4 collègues plutôt réputés ont fait de même, ce qui a fini de m’enlever tout remord et m’a donné un début de réponse : ce genre de billet est peut-être superflu, peut-être discount et peut-être simpliste mais il garde le lien tissé avec les lecteurs, en attendant le prochain billet au top. Comme les bonnes choses, il ne faut pas en abuser…
Partager l’information pour gagner en compétitivité
C’est en somme l’enseignement de l’interview d’Alain Juillet par l’Usine Nouvelle. A l’approche de l’Université d’été de l’Intelligence économique, qu’il parraine, il revient sur l’application des techniques de l’IE dans les PME/PMI, le rôle des CCI et la culture française de rétention d’information. Extraits :
- Cette notion est importante, en France, il faut apprendre à travailler en réseau, à échanger. Comprendre qu’il est possible d’être à la fois partenaire et concurrent. Pour un patron de PME, l’idée que l’autre ait la même info que lui est insupportable. Dans la réalité, dans le monde industriel, si vous donnez la même idée à trois entreprises, chacune l’exploitera différemment. S’imaginer qu’avec la même information tout le monde fait la même chose, c’est une hérésie. Partager n’enlève aucun avantage concurrentiel, bien au contraire.
- Avec l’exigence d’immédiateté, près de 20% de l’information qui circule au travers des médias est fausse ou tronquée selon nos calculs. Ce qui est vrai dans les médias est aussi vrai dans les entreprises. Si vous ne partagez pas cette information, vous ne la recoupez pas. Quoi de mieux pour la recouper que de la partager avec des entreprises du même domaine ? Si elle est avérée tant mieux, a l’inverse cela peut éviter une catastrophe. Cette exigence du travail en réseau est nécessaire.
- [...] si on donne l’information aux entreprises, elles auront un avantage. Cet avantage créera de l’emploi de demain. L’IE, c’est l’emploi de demain, garder un niveau de compétitivité suffisant pour qu’il y ait un minimum de délocalisation etc. Tout le reste c’est du vent.
A lire : Interview d’Alain Juillet, L’intelligence économique, c’est l’emploi de demain !, Usine Nouvelle, 26/09/2008
Share5 invitations pour DoYouBuzz
Ce service ne concerne pas directement la veille mais puisque j’ai testé et aimé, je partage avec vous cette découverte. Ce site vous permet en fait de mettre en ligne votre CV. Jusque là, rien de très original : MonCV.com propose aussi ce service. Ce que j’ai aimé sur DoYouBuzz c’est sa flexibilité et la possibilité de personnaliser son mini site. Plus qu’un CV format word collé en mode web, il vous permet d’agencer les rubriques à votre idée et est plutôt souple. Le tout bien habillé (nombre de templates limité pour le moment), à la manière d’un site perso, avec un rendu pro.
Donc, si vous souhaitez vous rendre un peu plus visible, ou en tous cas vous « exposer » de manière professionnelle, j’ai 5 invitations de disponibles. Vous pouvez également en faire la demande directement sur le site. Pratique si vous avez un blog ou un site : les « badges » ou boutons graphiques qui sont visuels et plutôt bien faits. Vous pouvez en voir un exemple dans la colonne de droite de ce blog
Web 2.0 en entreprise : quelle valeur ajoutée ?
Timothée Mervillon a réalisé son mémoire de fin d’études (master MIAGE) sur la question des apports du « nouveau » web au monde professionnel : « Quelle valeur ajoutée en entreprise avec les technologies et usages du web 2.0 ? ». Si certaines parties sont assez généralistes (définitions, enjeux), on y apprend qu’IBM (où il a fait son stage) a mis plusieurs outils au service des employés : blogs, Facebook « maison » avec des profils, social bookmarking. Ainsi, il y aurait 1 400 communautés et 147 000 membres inscrits sur leurs forums… pour 1 million de messages ! Une preuve, s’il en fallait, que les forums restent un lieu d’échange et de partage majeur, sur la toile comme sur les réseaux internes. Des chiffres complémentaires se trouvent page 38 et les ressources page 64 :
Memoire fin d’etudes Timothee Mervillon Master MIAGE – Get more College Essays
A noter, le billet de Francis Pisani (dont je n’ai toujours pas terminé le bouquin *sifflotte en l’air*) qui fait référence aux réticences de certaines entreprises à s’ouvrir aux outils sociaux et aux difficultés rencontrées par la nouvelle génération de jeunes diplômés : « « Pour toute personne née après 1985, entrer dans le monde du travail est un choc technologique. » Ils se voient contraints à utiliser des outils périmés et interdire aussi bien MySpace que Facebook, les messageries instantanées, Twitter, iTunes ou Skype. »
De là à ce que ça devienne un critère de choix de premier plan pour un emploi, il y a de la marge, mais les entreprises devront s’en préoccuper de plus en plus et prendre conscience des avantages et des forces à en tirer.
Edit : En ce qui concerne une utilisation « externe » et les bénéfices qui en découlent, voir le billet de Jean-Michel Billaut Réseaux sociaux : immobilisme des patrons dans lequel il reproduit un communiqué de presse d’Avanade »Les entreprises utilisant les réseaux sociaux améliorent leur relation client et augmentent leurs ventes ». L’intégrateur de solutions Microsoft a commandité cette enquête à Coleman Parkes Research (études de marché) et fait le commentaire suivant :
« Les technologies liées aux réseaux sociaux entrent dans une nouvelle phase : elles font partie intégrante de la réflexion menée par les départements informatiques. Les sociétés qui résisteront au changement ou manqueront de réactivité perdront des clients », affirme Olivier Lepeltier, responsable solution collaborative d’Avanade. « Nous travaillons avec les entreprises pour fournir des solutions tirant parti de l’impact des réseaux sociaux sur les relations avec les clients, en étant réceptifs à un nouveau niveau de collaboration interne et externe. »
A bon entendeur…
ShareVoyage dans l’Histoire avec Google News Archive Search
Google n’en finit pas de faire couler de l’encre ces derniers jours avec son navigateur Chrome. On prédit à la fois son succès et son échec, tandis que certains en ont profité pour se faire un peu de pub au moyen des trackbacks.
Du coup, l’annonce des nouveautés relatives à Google News Archive Search, en comparaison, serait presque passé inaperçue. Lancé en 2006, ce service devrait permettre d’étendre les recherches aux journaux anciens, scannés et présentés à la manière de Google Books. Ainsi, la lecture se fait dans le contexte de l’époque, avec la une et les gros titres.
Ces articles en accès libre seront financés par des encarts Adsense, dont les revenus seront partagés avec les éditeurs. A quelle hauteur ? La chanson ne le dit pas…
Vers une remise en cause du modèle d’archives payantes ?
Dans ses résultats, le système fait cohabiter le modèle « archives payantes » et le modèle « publicité », et protège donc le modèle économique de journaux comme Le Monde. Pour le moment, la faible part d’articles issus de la numérisation les rend presque invisibles : peu de revenus à espérer à court terme. Néanmoins, et comme le souligne très justement Eric Baillargeon, le filtrage des résultats par type (texte ou scan) et par financement (gratuit, abonnement, pay per click) devrait permettre de mettre en avant les articles digitalisés, et inciter les éditeurs à s’orienter vers le modèle « publicité ». Notons que la sélection par prix n’est pas tout à fait inexistante : elle est désactivée dans la « Recherche avancée ». C’est également le cas pour la recherche par sources.
Gardons à l’esprit qu’au lancement de Google News, le groupe s’était frotté aux éditeurs et à la justice belges. Il devrait en être autrement cette fois : Google a indiqué que cet archivage se faisait en partenariat avec les éditeurs.
- Pour tester : Google News Archive Search